Comment un haut fonctionnaire a-t-il pu passer deux ans dans un pays ultralibéral et aimer cela ? Xavier de Lesquen, de retour de Nouvelle-Zélande, bouscule les préjugés sur un vieux débat français : la place de l'Etat, l'organisation des services publics et le rôle des fonctionnaires.
Ce récit enlevé et captivant nous transporte à la fois dans le temps avec un retour aux origines monarchiques de nos fonctionnaires et dans l'espace avec la découverte des ambitieuses réformes faites en Nouvelle-Zélande. Ce livre illustre l'immobilisme français face à l'imagination et au dynamisme d'un pays qui a su adapter ses services publics aux réalités du XXIème siècle.
La France saura-t-elle à son tour inventer cet "Etat de chox" dont elle a impérativement besoin pour affronter le monde de demain ?
L'auteur
Xavier de Lesquen est haut fonctionnaire diplômé de l'ENA. Il a dirigé les Défis français "6ème sens" et "Areva" en Nouvelle-Zélande puis l'équipe "China team" lors des trois dernières éditions de la coupe de l'America. Il se passionne pour le débat d'idées et notamment pour la réforme de la fonction publique à laquelle il est très attaché. De son expérience, il livre une analyse à la fois réfléchie et impertinente sur la France, pays où la fonction publique est reine, et la Nouvelle-Zélande, "enfer libéral" qui a su "dégraisser le mammouth"...
L’école
défile. Les cortèges ont retrouvé le chemin du pavé enfoui sous l’asphalte. La
révolte ne sera pas révolution. La réforme non plus.
L’éducation
se dresse contre son ministre dans un exercice rôdé et sans illusion. Le
révolté est devenu blasé et même amer. Sa vindicte poursuit les intentions du
ministre plus que ses actes. Les troupes fraîches de lycéens et étudiants,
dressées au front de la contestation comme au temps de l’amalgame, ne
changeront pas le sort de la bataille. La jeunesse passe, l’Education nationale
demeure, inaltérable.
Le
mammouth semble fatigué, de lui-même, des autres, de la société, du monde. Qui
pourra le guider hors des aires de glaciation dans lequel se perd sa carcasse,
chargé d’une si lourde bureaucratie et des sévices d’une cogestion syndicale
qui dure depuis 62 ans ? Le ministre, assisté de son cabinet de maréchaux,
use son énergie à gérer sa propre administration.
Et
si, au lieu de mener la réforme par le haut, en attaquant les technostructures
en acier blindé, on l’entamait par le bas ?
Comment ?
En donnant enfin aux établissements scolaires l’autonomie de gestion qui leur
fait si gravement défaut en France et en confiant au chef d’établissement une
véritable autorité de direction.
Dans
un document publié en décembre 2007, le réseau d’information sur l’éducation en
Europe (Eurydice) montre que l’autonomie scolaire est un fait majeur des vingt
dernières années, à laquelle se sont convertis la plupart des pays européens,
nordiques en tête. La France fait partie des rares pays qui persistent à
refuser cette mutation qui permet, partout ailleurs, à l’école de s’adapter et
de progresser. C’est l’un des rares à ne donner aucune autonomie aux
établissements scolaires pour la sélection et le licenciement des personnels, enseignants
ou non-enseignants, leurs missions et responsabilités et les mesures
disciplinaires. En France, tout doit venir d’en haut. Comme si, à la souffrance
du ministre devait répondre en des échos résonnant par milliers l’impuissance
des directeurs d’établissement.
L’acte
premier de la réforme de l’école pourrait avoir la légèreté d’un vol de
papillon. Principe conducteur : « Le chef d’établissement dirige
l’établissement scolaire. Il agit sous le contrôle du Conseil d’Etablissement
rassemblant des personnalités volontaires élues, les représentants élus des
parents d’élèves et le représentant élu des personnels de
l’établissement, dans le cadre des règles générales de l’Education Nationale
relatives aux programmes, certification et examens. Il gère le budget attribué
à l’établissement. Il recrute le personnel enseignant et non-enseignant ».
Voilà
que l’école publique redeviendrait un affaire d’hommes, de femmes et de jeunes,
et non plus le produit aléatoire d’une cuisine bureaucratique et syndicale
élaborée loin des classes et des cours. Effet papillon garanti : la
battement d’aile de cette simple réforme ébranlerait le lourd édifice de
l’Education Nationale, obligeant à repenser sous un angle nouveau les
multiples sujets maintes fois ressassés : le statut des professeurs et des
personnels, le recrutement et la formation des directeurs, la démocratie
scolaire, les clés de financement des écoles, leur évaluation, les missions du
ministère et son organisation…
Les
syndicats ne s’y sont pas trompés : là réside la vraie menace contre le
pouvoir qu’ils tiennent de la conservation d’un système usé jusqu’à la corde.
Un
sondage commandité en avril 2008 par le SNES, syndicat majoritaire dans le
second degré, affirme que 71% des enseignants sondés sont opposés à une plus
grande intervention des chefs d'établissement dans le processus d'affectation
et de mutation des professeurs (sachant que l’on part d’un degré proche de
zéro). Plus l’ancienneté des sondés augmente, plus leur opposition
augmente : 57% d’opposants parmi ceux qui ont moins de 5 ans
d’enseignement, 77% lorsqu’ils ont plus de 20 ans d’enseignement.
L’école
se méfie d’elle-même, et de plus en plus. Ailleurs, l’école publique bâtît son
succès sur la qualité des directeurs d’établissement qui, loin des « petits
chefs » décriés par la littérature syndicale française, sont les chevilles
ouvrières d’un fonctionnement harmonieux et efficace de l’établissement. Pas
besoin d’aller très loin pour s’en persuader : c’est l’une des clés du
succès de l’école privée en France.
L’école
publique peut pleurer ses milliers de postes et lancer ses troupes sur le pavé.
Elle ferait mieux de concentrer son énergie à retrouver une cohérence et une
efficacité au niveau de sa structure essentielle : l’école. C’est ainsi
qu’elle sourira de nouveau, et avec elle l’avenir de nos enfants.
C'est autour de cette question et en pleine grève des fonctionnaires de l'Education nationale que Jean-François Cadet reçoit Jacques Fournier, conseiller d'Etat honoraire, ancien secrétaire général du gouvernement de 1982 à 1986, ancien président de Gaz de France de 1986 à 1988, ancien président de la SNCF et du Centre européen des entreprises publiques (CEEP) de 1988 à 1994, et auteur de Itinéraire d’un fonctionnaire engagé (Dalloz-Sirey) ainsi que Xavier de Lesquen pour son livre Etat de choc. Un débat d'idées passionnant entre deux hauts fonctionnaires.
Diminuer le nombre de fonctionnaires permet-il de baisser les dépenses publiques ? Lors de son émission "Du grain à moudre", Brice Couturier a reçu Xavier de Lesquen ainsi que Patrice Bessac, porte parole du PCF et Jean-Ludovic Silicani, conseiller d'Etat pour répondre à cette question épineuse.
C'est la question que pose Nicolas Doze à ses invités dans le cadre de l'émission "Les grands débats de BFM". Une émission très animée où l'on retrouve Xavier de Lesquen, auteur de Etat de choc, Frédéric Rolin, Professeur de droit public à Paris X Nanterre et Jean-Michel Nathanson, responsable de Solidaires fonction publique.
Retrouvez l'intégralité du podcast de l'émission :
"Qui pourrait ainsi imaginer, en France, que des services publics de qualité, adaptés aux exigences de la société, puissent être délivrés sans aucun fonctionnaire ? Dans un livre agréable à lire, bien documenté et à l’ironie souvent mordante, Xavier de Lesquen nous fait découvrir une vision des services publiques aux antipodes de l’héritage français.[...] Rares sont les livres décrivant honnêtement les résultats concrets des réformes libérales effectuées en Nouvelle-Zélande, modèle de la réussite du libéralisme encore trop peu connu des Français. Il mérite donc le détour pour ceux qui veulent comprendre un peu plus ce pays. S’y ajoute une plongée dans l’histoire de la construction de la fonction publique française, à la laquelle l’auteur consacre plusieurs paragraphes nous permettant de comprendre une réalité française qu’il nous résume en ces mots : « Plus l’Etat est imposant, plus il pèse, plus il pèse, plus il pousse les éléments les plus faibles vers le Social ; plus la société se livre au social, plus elle attend de l’Etat ; alors l’Etat, entonnant le couplet de la sincère compassion, de l’ample générosité et de l’impérieuse nécessité, s’alourdit encore. Drapé dans son auguste splendeur, il s’enfonce irrésistiblement, emportant avec lui le Social et le pays. »
C'est la question que pose Paul Wermus à Maxime Gremetz, député de la Somme, et à Xavier de Lesquen pour son duel hebdomadaire. Face à la flambée de la dette publique, la France doit réagir. Pour Xavier de Lesquen, “des pays sans fonctionnaires, ça existe et ça marche”. Mais sans ce statut, défend le député communiste Maxime Gremetz, la qualité des services publics en pâtirait. Débat à l’Ernest Bar du Lutetia. » Le débat intégral sur vsd.fr
Xavier de Lesquen est l'invité de l'émission "Bouge la France" animée par Pierre Sled sur Public Sénat avec pour débat : "L'Hôpital est-il en danger ?". L'occasion d'évoquer le modèle néo-zélandais décrit par Xavier de Lesquen dans son livre État de choc et d'inscire sa réflexion dans le débat de l'émission.
Pour visionner l'extrait de l'émission (en 2 parties - durée = 30 mn) :
Valeurs actuelles consacre cette semaine sa rubrique "Nous avons lu" à Etat de choc : "Avec humour et tendresse, Xavier de Lesquen dresse le pays d'un portrait passé, grâce à d'ambitieuses réformes, du statut d'Albanie du Pacifique à celui de champion de l'ultralibéralisme en l'espace de quelques décennies. Il en profite pour faire la comparaison avec la France, qui n'est pas à l'avantage de notre pays. Selon lui, notre culte de la fonction publique nous empêche d'accomplir les réformes nécessaires. [...] A méditer, d'autant plus que la leçon nous vient d'un homme du sérail !
La Coupe de l'America mène à tout et la voile peut nourrir la réflexion sur la fonction publique. C'est l'exercice auquel s'est attaché dans un livre un peu provocateur "Etat de Choc" Xavier de Lesquen, haut fonctionnaire. Interview par Christian Bex sur France Info pour sa chronique Passion Nautisme.
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